Crématorium de la Balme: historique

Historique de la crémation

De tout temps, l'homme, la tribu, la société, se sont trouvés confrontés au problème souvent difficile à résoudre : le devenir des corps de leurs défunts. Aussi, depuis la plus haute antiquité, selon les époques, les climats, les conditions géographiques ou, les religions, les hommes ont utilisé des procédés très différents et l'on verra que l'imagination ne leur fait pas défaut. Ce fut la Terre et c'est l'inhumation traditionnelle que nous connaissons. Ce fut l'Eau : en Océanie et dans certaines régions des Indes, on jette encore les cadavres dans les rivières ou les fleuves. Les marins décédés au cours de traversées étaient, il n'y a pas très longtemps encore, jetés à la mer. Ce fut l'Air : certaines peuplades océaniennes juchent encore leurs morts dans les arbres, loin des villages. Les Parsis, aux Indes, les déposent dans les tours du silence où les vautours les transforment rapidement en simples squelettes. Ce fut le Feu : son utilisation dans le domaine funéraire est extrêmement ancienne.
L'histoire de la crémation se confond avec l'histoire des civilisations.

Dans la Préhistoire

Les premières traces de crémation apparaissent dès la période néolithique, de 6.000 à 2.000 avant Jésus Christ. Les spécialistes en préhistoire pensent que les incinérations étaient faites dans un but religieux : d'une part l'incinération était profitable aux vivants en les préservant des Mânes (âmes des morts), d'autre part, elle était profitable au mort : par exemple, pour les Celtes qui croyaient à la survivance de l'âme, ils pensaient que celle-ci se dégageait plus vite de son enveloppe corporelle avec la combustion qu'avec l'inhumation où la décomposition des corps était beaucoup plus lente.

Pendant l'Antiquité et au début de notre ère

D'une manière générale, à mesure qu'elle s'est convertie au christianisme, l'Europe, à de rares exceptions près, avait abandonné la crémation. Il s'agissait là moins d'une interdiction religieuse que d'une tradition : les chrétiens souhaitaient être inhumés "à l'image du Christ". Charlemagne, dans un capitulaire de 789, interdit la crémation des corps des défunts dans son Empire. C'est ainsi que, jusqu'au XIXème siècle, il n'a plus été question de crémation en France.

La Crémation Moderne

En l'an VII de la République , la Révolution Française tente une réhabilitation de la crémation. Le projet n'aboutit pas. En ce milieu de XIXème siècle, rien de concret n'est donc fait dans notre pays. Cependant chez nos proches voisins - l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse en particulier - l'idée crématiste chemine, portée par des médecins, des scientifiques soucieux de l'hygiène et du respect de l'individu.

La Législation de la Crémation

Après bien des vicissitudes, c'est le 29 octobre 1887 que fut adoptée une loi disposant que "Tout majeur ou mineur émancipé en état de tester peut déterminer librement les conditions de ses funérailles notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner ET LE MODE DE SA SÉPULTURE". Cette loi fut promulguée au Journal Officiel le 15 novembre de cette même année, mais le règlement d'administration n'était pas encore rédigé.C'est enfin le 27 avril 1889 que le texte tant attendu fut promulgué ; il traitait, dans son titre III, "de l'incinération".

Parallèlement à son action législative, la Société pour la Propagation de l'Incinération travaillait pour obtenir la construction d'un premier crématorium. En 1887, les premiers essais purent être réalisés au "Père Lachaise" . L'année 1889 enregistrera 49 crémations.Après avoir obtenu la législation de la crémation et la construction d'un crématorium, la S.P.I. avait été reconnue d'Utilité Publique en 1897. Jusqu'en 1930, elle représentera pratiquement seule tout le mouvement crématiste français.

La crémation fut enfin autorisée en 1898 par les églises protestantes et officiellement acceptée par l’église catholique en 1963 (levée de l’interdit papal par le concile Vatican II) Depuis lors, son développement n’a plus cessé et alors que la crémation ne concernait que 5% des décès en 1989, elle représente aujourd’hui plus de 25% au plan national et près de 70 % dans certains départements de l’Est.

La naissance du Mouvement Crématiste Français

Compte tenu de cette évolution positive, et à l'initiative de trois associations (S.P.I., Strasbourg et Lyon) nait la "Fédération nationale des Sociétés Françaises de Crémation" dont la déclaration parut au Journal Officiel du 16 mars 1930. Progressivement sur notre territoire, d'autres associations se créent et le mouvement se structure.
En 1972, cette fédération devient la "Fédération Française de Crémation". ( voir son site internet )